Disco-vidéographie sélective et comparée d'Ariadne auf Naxos. On démarre au sommet avec Krauss Stuttgart 1935 opéra seul : Ursuleac ici pleinement à la hauteur de sa réputation, Rosvaenge sans doute le plus grand Bacchus qui embrase toute la scène finale, Berger impeccable mais un peu trop sage. Autre référence, la 1ère des 14 versions de Böhm Vienne 1944 : Reining envoûtante, d'une classe folle, qui prend feu à l'arrivée d'un Lorenz survolté, ébouriffant, Seefried fixe un standard (reconnu par Strauss lui-même) qui nous hantera longtemps, Noni piquante et mutine, Schöffler lui aussi pose un modèle, Kunz en Arlequin. Karajan Londres 1954 : approche profonde et transparente, tempi un peu larges parfois. Schwarzkopf unique pour le studio, géniale au prologue est ensuite un modèle de composition, Schock sans être idéal mieux qu'on ne le dit, Seefried renouvelle le miracle, Streich référence absolue, Dönch pauvrement doté mais plein d'esprit, Prey divin Arlequin. Böhm Salzburg 1954 : Della Casa d'abord hiératique et exténuée s'enflamme ensuite merveilleusement, Schock que je trouve plus libre qu'en studio, Seefried n'est plus à dire, Güden suraigu moins aisé mais personnage passionnant, Schöffler toujours fabuleux. Böhm Salzburg 1964 : Ludwig pour un été exemplaire de tenue, Thomas subtil allie éclat et fragilité juvénile, Jurinac est un autre Compositeur idéal, Grist toujours un peu acide mais très efficace. Böhm Vienne 1967 : Rysanek flamboyante et ambigue, King marque d'emblée dans ce rôle qu'il chantera longtemps, Troyanos irradie de son feu coutumier, Scovotti charmante, un peu pâle de caractérisation, Schöffler une dernière fois. Avant de poursuivre, on peut évidemment avoir une oreille pour Keiberth 1954 (Hopf notamment), Leinsdorf 1958 et Kempe 1968 (Zylis Gara, Gestzy notamment). Böhm Vienne 1976 : Janowitz des grands soirs, King à son zénith, Baltsa très attachante et fragile, Gruberova inaugure son rôle fétiche, Berry renouvelle l'emploi, McDaniel exemplaire Arlequin. Solti Londres 1977 : Price sensuelle, mythique, "ailleurs" génialement, Kollo un peu limité mais à son meilleur et lyrique, Troyanos immense, Gruberova telle qu'en elle-même ... Böhm Salzburg 1979 : Behrens blessée, tragique puis exaltée par King plus royal que jamais, Schmidt adorable mais un peu pâle, Gruberova, Berry. Voyons la vidéo. Rennert/Böhm Salzburg 1965 : Hillebrecht n'est qu'un ersatz, Thomas gagne encore à être vu et toujours d'un équilibre presque idéal (comment ne pas être séduit), Jurinac aussi offre du quasi définitif, Grist toujours pointue mais étourdissante, Schöffler savoureux. Cochet/Sebastian Aix 1966 : Crespin grandiose (quelques aigus mal assurés), Cox sans génie mais vaut mieux que sa réputation, une jeune Troyanos qui emporte, Mesplé à son zénith, Schöffler et un superbe Kerns en Arlequin. Crespin un poil plus à l'aise à Chicago en 1964, dirigée par Jochum avec Cox, Seefried, Grist. Leinsdorf Boston 1969 acte seul version 1912 (Zerbinette plus long, un long passage avant l'entrée de Bacchus et fin plus développée avec les comédiens puis Mr Jourdain arrangé)) en concert filmé : Watson noble et touchante, Nagy très soigné, Sills ébouriffante, Reardon très bel Arlequin. Sanjust/Böhm Vienne 1978 référence classique : Janowitz engagée, à son meilleur, Kollo également, Schmidt un peu plus affirmée, Gruberova fabuleuse, Berry, McDaniel. Igesz/Levine Met 1988 : Norman marmoréenne, un peu lourde aussi, King encore admirable si plus fabriqué, Troyanos domine la soirée, Battle charmante mais minaudante. On pourra chercher les compositeurs de Stratas, Minton, Von Stade, Graham et Koch et bien sûr la Zerbinette de Dessay. Les Bacchus de Kozub et (vidéo) le fabuleux Kaufmann de Salzburg 2012. L'Ariane de M. Price. Dohnanyi Polaski Salzburg 2001 mais production atroce. Terminons sur une note optimiste : Moshinsky/Janowski Met 2022 : Davidsen immense, Jovanovitch dans le sillage de Thomas, Leonard très attachante, Rae délicieuse, Kränzle subtil.
Disco-vidéographie sélective et comparée de La Damnation de Faust. Incontournable la large sélection (1h20) de Coppola en 1931, De Trevi grand format mais lyrique aussi, Panzera modèle d'élégance, Berthon un peu datée mais touchante. ...
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