Disco-vidéographie sélective et comparée des Meistersinger. Nous commençons avec le Met 1936. Bodansky toujours très vivant et rapide avec une distribution imbattable : Rethberg un rêve, Maison très ardent et fougueux, Schorr une référence pour l'éternité, Habich pas caricatual, Branzell et List parlent d'eux-mêmes. Quelques coupures alors mais le son est très bien restauré. Chance inouïe : nous avons 2 versions Toscanini, Salzburg 1936 et 37. Incroyable de le voir plonger avec tant d'amour au coeur de la germanité. Lehmann en 36 comme toujours personnelle et inoubliable, Reining en 37 d'un charme ébouriffant, Kuhlman très séducteur, Noort méconnu en surprendra plus d'un, Nissen autre référence incontournable d'une largeur vocale incroyable, Wiedemann lui non plus ne charge pas, Thorborg et Alsen rien que cela ! Son très correct pour les 2. Encore de l'immortel (malgré l'absence de Quintette et une coupure au 1) : Furtwängler Bayreuth 1943. On a l'impression de tout entendre comme Wagner l'aurait voulu. Müller la légende même de la jeune fille allemande, Lorenz à son effervescence coutumière emporte tout, Prohaska considérable malgré quelques raucités, Fuchs superbe charge déjà un peu plus, un jeune Greindl. Abendroth le même été à Bayreuth signe une autre référence, extrêmement équilibrée. Scheppan impeccable sinon immortelle, Suthaus fabuleux de fraîcheur et d'engagement, on retrouvera Schöffler toujours passionnant en 55, tout comme Kunz. Jochum 1949, merveilleux, est en partie gâché par Kupper et Treptow mais il y a Hotter. Karajan Bayreuth 1951 : pâte sonore extrêmement riche (même si moins bien enregistré que ne le faisait Decca pour Knappertsbuch). Schwarzkopf déploie son art immense, Hopf meilleur qu'on ne le dit dans ces années, Edelmann étonnament bien, Kunz installe une nouvelle référence, Dalberg somptueux mais un peu en bois, mieux chez Abendroth, Unger (qu'on retrouvera souvent) délicieux David. Knappertsbusch Munich 1955 : la meilleure de ses 4 versions, la plus rapide aussi. Della Casa réinvente divinement Eva, Hopf plus libre, Frantz immense et humain, Pflanzl mieux qu'à Bayreuth, Frick superbe, Kuen un autre modèle. Reiner Vienne 1955 : approche totalement neuve de la partition (qui fut critiquée !), passionnant. Seefried délicieuse, Beirer inhabituellement lyrique et tenu, Schöffler autre référence, palette extrêmement riche, Kunz et Frick égaux à eux-mêmes, le privilège de Dickie et Anday. Kempe Studio Berlin 1956 : classique qui conserve toutes ses nombreuses vertus. Grümmer grave pour l'éternité un modèle absolu, Schock avec l'aide du studio est plus que correct, Frantz toujours immense, Kusche très réussi, Frick, Unger et le plaisir de Höffgen, jusqu'à Neidlinger en Kothner ! Cluytens Bayreuth 1956 : la bande originale a été détruite à la demande de Hotter et Wieland qui n'étaient pas satisfaits. On a aujourd'hui un document assez bien restauré qui permet de juger honnêtement. Cluytens très ample mais aussi très vivant, avec toujours son élégance caractéristique. Brouwenstijn frémissante et amoureuse, Windgassen me touche comme d'habitude, Hotter offre un portrait très complet et riche, on peut tout au plus imaginer que le personnage l'habitait tellement qu'il redoute par moments de se laisser aller (il renoncera après l'été au rôle et se cantonnera à Pogner). Schmitt-Walter est un "kabinettstück", Greindl superbe, Stolze inoubliable recrée David. Kappertsbusch Bayreuth 1960 : des choses immenses, des moments aussi, au 2 notamment, où ça roupille. Grümmer n'est plus à dire, tout comme Windgassen, Schmitt-Walter et Stolze. Greindl apporte sa vis comica trop méconnue, pour moi immense mais le timbre ne sera pas au goût de tout le monde. Adam magnifique jeune Pogner. Distribution strictement identique pour Krips 1961 enfin disponible, à divers égards préférable à la précédente grâce au chef qui anime constamment le discours et veille aux contre-chants. Böhm Bayreuth 1964 et 68 : la vie même, assez rapide, toujours exceptionnel chef de théâtre. Silja a sa voix (plus à sa place dans ces emplois) mais aussi son génie dramatique, Konya est un poète de rêve, Greindl creuse encore, Alexander excellent et non caricatural, Böhme superbe, Wohlfahrt réinvente après Stolze. La jeune Jones merveilleuse Eva, Kmentt très beau chevalier, Adam déjà considérable, Ridderbusch somptueux. Kubelik Studio 1967 : large mais très vivant et poétique. Janowitz un peu froide mais évidemment délicieuse (elle sera mieux chez Karajan et Dohnanyi), Konya toujours divin, Stewart clair et juvénile est une réussite presque surprenante, Hemsley excellent, Crass lui aussi juvénile et attachant, Unger toujours merveilleux et Fassbaender ! Sawallisch Rome 1971 Janowitz Kozub Adam Leib Schreier Crass Fassbaender. Sawallisch Munich 1979 : chef très inspiré, Varady évidemment passionnante, Kollo à son meilleur, Fischer Dieskau à entendre ici plutôt qu'avec Jochum, Nöcker formidable pilier de Munich, Moll immense, Schreier tout à fait étonnant. Pour les modernes, 2 studios de référence : Sawallisch 1993 Studer Heppner Weikl Lorenz Moll Van der Walt, Solti 1995 Mattila Heppner Van Dam Opie Pape Lippert. Bastille 2003 Conlon Harteros Heppner Rootering Schulte Sigmundsson Spence. Je signale 2 versions qui méritent l'attention : Karajan Salzburg 1974 Janowitz Kollo Ridderbusch Leib Meven Schreier. Dohnanyi Vienne 1975 Janowitz King Ridderbusch Van der Bilt Moll Zednik. Au chapitre vidéo : à connaitre évidemment toute la Schusterstube filmée à Bayreuth 1963, pour Wieland, avec Schippers Silja Windgassen Greindl Alexander Wohlfahrt Hesse. Berlin 1995 Götz Friedrich, Frühbeck de Burgos avec Johansson Winbergh Brendel Schulte Von Halem Peper. Met 2001 Schenk Levine avec Mattila Heppner Morris Allen Pape Polenzani. Zurich 2003 Lehnhoff Welser-Möst Schnitzer Seiffert Van Dam Volle Salminen Strehl.
Disco-vidéographie sélective et comparée de La Damnation de Faust. Incontournable la large sélection (1h20) de Coppola en 1931, De Trevi grand format mais lyrique aussi, Panzera modèle d'élégance, Berthon un peu datée mais touchante. ...
Commentaires
Enregistrer un commentaire